Après quelques discussions avec ma Douce Déborah, nous avons décidé de maintenir des plumes séparées sur notre blog (comprendre par la : des articles indépendants) afin de mieux retracer nos perspectives mutuelles sur ce voyage commun.
Pour ce premier billet en direct du Népal, je vais vous raconter ma journée d’hier ici à Pokhara. Levé vers 9h30 (une vraie grasse matinée après ces 2 semaines de wake up à 6h du matin), j’ai entrepris le nécessaire décrassage du « retour au monde réel » : douche appuyée, rasage de près, brossage de dents de 15 minutes, et surtout lessive de tous nos vêtements. Vers midi, j’ai poussé Déborah à se lever et nous sommes allés bruncher tout près de chez nous sur Lakeside (quartier de Pokhara réservé aux touristes, où la circulation est régulée, l’usage du klaxon interdit par un décret local, bref, un havre de paix). Pour 3 euros, ce petit-déjf fut un vrai festin et nous avons poussé la balade sur les bords du Lac Fewa, le plus grand lac du Népal.
Déborah étant un peu malade (mal au ventre), je suis parti seul à la conquête de la fameuse Pagode de la Paix, cadeau des Japonais au Népal. Perché à plus de 300 mètres au dessus de la ville, au bord du Lac Fewa, j’ai pu prendre quelques jolies photos panoramiques sous un soleil de plomb et des températures estivales (proches de 25°C).
Ce qui nous a frappé au Népal très souvent ces dernières semaines, c’est le silence qui règne un peu partout (en dehors de Kathmandou et Pokhara). Dans nos civilisations occidentales, une journée ne se passe pas sans que l’on retrouve le bruit des moteurs, du voisinage etc. Au Népal, une sensation de « seul au monde » vous envahit très régulièrement du fait du silence total qui n’est troublé que par le bruit du vent dans les arbres. Pas de voix humaine, pas de moteur, bref, juste une sérénité pleine.
En fin de journée, je suis parti pour la Gare Routière Publique principale de la ville, au Nord de Lakeside, à 3km de chez nous environ. Le but de l’expédition était de récupérer des informations fiables sur le prix et la fréquence de la liaison en bus Pokhara-Sunauli (Sunauli est une bourgade népalaise à la frontière avec l’Inde). En soirée, nous nous sommes régalés d’un bon Lakeside Special Steak dans un petit restaurant charmant en extérieur. Alors que le cadre était idyllique, la température douce en soirée et nos plats excellents, il nous est arrivé la désormais classique coupure d’électricité et les responsables du restaurant, plutôt que d’allumer des bougies, ont préféré allumé un épouvantable et bruyant générateur à pétrole dans le jardin pour restaurer le jus.
Ah oui, car il faut le dire, ici comme ailleurs au Népal, nous n’avons de l’électricité que 8 heures par jour seulement. Mais le mieux est qu’à Pokhara, le planning des heures de courant varie chaque jour. Par exemple aujourd’hui, nous avons eu du courant entre 8h et 12h du matin puis 16h et 20h. Demain, nous aurons du courant entre 4h et 8h du matin puis 12h et 16h. Et cela tourne comme ça toute l’année. Autant dire que le créneau minuit-4 heures du matin qui arrive de temps en temps n’est pas le plus utilisé dans un pays où la plupart des gens s’endorment avant 21h tous les jours de l’année.
Cela change complètement nos vies. Pas d’instantanéité ici. Par exemple, les offres de développements photos à l’agence Kodak locale du coin (et oui, pas de Photoservice, pas de Pixmania ou autre Photostation ici) en moins de 2 heures ne valent qu’à partir du moment où ils ont de l’électricité. Cela donne « Nous pouvons avoir nos tirages dans 2 heures c’est bien ça ? » – « Ah bah non désolé, pas aujourd’hui je n’ai pas de courant là, revenez demain ».