Il est 14h30 et nous terminons notre étape du jour, qui a été relativement courte et facile. On s’offre le luxe d’un lodge avec toilettes et douche attenant à la chambre pour le même prix que d’habitude. C’est appréciable, car hier nous nous sommes décrassés aux lingettes tant l’idée de devoir sortir dans le froid après la douche nous était désagréable (les douches sont sur le palier, et le palier est toujours dehors…). Ce qui est bien, en cette saison, c’est que nous pouvons choisir nos lodges et refuser ceux qui nous paraissent moins propres ou simplement moins bien. En haute saison, les villes de fin d’étape sont prises d’assaut et peuvent accueillir jusqu’à 400 personnes par nuit ! Et dire que nous n’avons pas croisé un seul touriste depuis 3 jours…
Nous sommes désormais à 3200 mètres, altitude où nous devons être beaucoup plus vigilants pour pouvoir repérer les premiers symptômes d’un potentiel mal des montagnes. Pour cette raison, nous ne ferons plus qu’un maximum de 400 mètres de dénivelé positif par jour. Quelle bonne nouvelle ! (Enfin, ne nous faisons pas d’illusions non plus : rien ne nous empêche de faire plus de 400 mètres d’ascension par jour, pourvu qu’on redescende suffisamment ensuite pour respecter la règle qui veut que nous ne dépassions pas cette différence d’altitude par jour pour ne pas tomber malades… Nous aurons peut-être des surprises, donc !)
Quoi qu’il en soit, je maîtrise de mieux en mieux le déroulement des journées et l’organisation qu’elles nécessitent. Le moment le plus difficile est toujours, et de loin, entre 8h et 10h, quand il faut se mettre en route sans autre perspective que 4h de marche d’affilée. Le meilleur moment de la journée, au contraire, ce sont les quelques heures qui suivent immédiatement la douche et précèdent le coucher du soleil, lorsqu’on peut s’engouffrer dans son sac de couchage pour lire ou écrire un peu. Ah ! les joies simples du trekker ;-)