La Galère avec un grand G
Ca ne devait pas nous arriver. Pas à nous. Je n’en reviens toujours pas.
Après être rentrés de Bolivie, nous sommes restés quelques jours de plus à San Pedro de Atacama pour aller voir les geysers de la région ainsi que le salar de Atacama (qui ne vaut pas du tout celui d’Uyuni), puis nous avons repris le bus vers la Serena en pensant y faire halte pour aller voir des pingouins sur l’île à proximité.
Et là, c’est le drame. Nous avions 16 heures de route à faire en bus, mais au bout de quelques heures seulement, l’un de nos sacs à dos avait disparu. Un petit, qu’on gardait avec nous dans le bus, pas l’un de nos gros sacs. Il m’est difficile de décrire comment ça s’est passé par écrit, car l’explication nécessite de bien connaître la configuration du bus en question, mais je peux vous dire une chose avec certitude : on a eu affaire à un Arsène Lupin du vol en bus. Un professionnel. Nous n’avions fait aucune erreur, nous n’avions pris aucun risque, à aucun moment. Mais malgré ça, il a été plus fort que nous, allant jusqu’à subtiliser cet énorme sac sous nos pieds, alors que nous dormions. Je sais, ça paraît gros, dit comme ça. Mais la réalité, c’est que nous avons reconstitué la séquence et que nous savons exactement où et comment ça s’est passé, et c’est tout simplement invraisemblable. Si ça ne s’était pas produit, j’aurais mis ma main à couper que c’était physiquement impossible à réaliser.
Ce qu’on a perdu ? Un peu plus de la moitié de nos objets de valeur : un ordinateur portable, un appareil photo reflex numérique, un disque dur et tout un tas de bricoles. Mais le pire, ce sont nos deux passeports. Non, c’est vrai, ils n’auraient pas du être dans un sac à dos, ils ne l’ont d’ailleurs pas été pendant 7 mois, mais là ils l’étaient depuis notre excursion en Bolivie afin de les protéger. Bref, plus de passeport, donc un retour express à Santiago pour courir à l’Ambassade de France un vendredi après-midi et prier que quelqu’un puisse faire quelque chose pour nous.



