Un avant-goût de Carnaval
Les Brésiliens ont vraiment un gène de la fête, c’est officiel. Je l’avais déjà remarqué à Paris et à Londres, mais maintenant, je sais aussi pourquoi.
Pour ne rien rater de l’ambiance de Rio, on s’est inscrits à un de ces bons trucs de touristes : une démonstration de samba dans une école de danse. Eh oui, même moi je ne crache pas dans la soupe quand ça nous permet de voir quelque chose qu’on ne savait pas comment aller voir par nos propres moyens !
Sauf qu’en fait, on ne s’est pas du tout retrouvés dans un endroit pour touristes. D’ailleurs, visiblement, on n’était que 4 touristes en tout et pour tout pour… quelques 1500 Brésiliens venus faire la fête et préparer le prochain Carnaval ! Oui, on nous avait bien dit que c’était une répétition pour le Carnaval, mais quand même, je ne m’attendais pas du tout à ça : nous, quand on répète… eh bien, on répète quoi. Les Brésiliens, eux, ils ne répètent pas quand il s’agit de fête : ils font la fête et c’est tout.
Imaginez une grande salle aux couleurs de l’école (blanc et rouge en l’occurrence), des Brésiliens habillés aux couleurs qu’ils défendent (le Carnaval est aussi une compétition de samba), des chanteurs sur une estrade au centre et un orchestre de percussions leur faisant face, sur une mezzanine. Et tous ces Brésiliens, venus danser jusqu’au bout de la nuit.
L’ambiance était folle, je n’ai jamais rien vu de pareil : la soirée a commencé tout de suite, à peine les premières chansons entamées. Commencé, c’est-à-dire que des danseurs professionnels sont montés sur l’estrade pour faire une démo incroyable de leur talent, juste avant que les percussionnistes ne jouent ; une cinquantaine de percussionnistes qui font du bruit comme mille et jouent ces rythmes si particuliers au Carnaval de Rio. Et ensuite, il y a eu une réelle répétition du défilé, en costumes et avec les drapeaux. Tout ça, sans jamais interrompre la danse ni la musique.
Le plus incroyable, c’était de voir qui était là : des hommes, des femmes, des travestis, des jeunes, des vieux (dont une minuscule petite vieille de plus de 70 ans qui portait fièrement son drapeau et dansait comme les autres !), essentiellement des Noirs bien sûr mais de tous les milieux sociaux…
Franchement, il ne manquait plus grand-chose pour qu’on se croie réellement au Carnaval ! On est partis à 3h du matin, et on était bien les premiers à quitter l’endroit, alors que la fête battait encore son plein…
Nous avons continué notre route au milieu des lamas et des alpagas pour déjeuner dans un petit village typiquement bolivien, c’est-à-dire bien plus modeste et pauvre que ce qu’on peut voir au Chili.

