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Halte à la globalisation touristique

Article écrit par Déborah le 12 sept 2009 | Pas de commentaire

ArgentineAu risque de passer pour la dernière des blasées (ce que je suis indéniablement devenue au cours de ce voyage de toute façon…), je me dois de pousser un énième coup de gueule sur ce blog. A vrai dire, j’ai celui-ci sous le coude depuis assez longtemps déjà, mais je voulais l’utiliser en guise de conclusion de ce voyage et de ce blog. Le problème, c’est que je n’y tiens plus : après une excursion comme celle d’aujourd’hui, je suis obligée de parler dès maintenant des aberrations du tourisme de masse.

On est actuellement dans la très jolie région de Salta, au nord de l’Argentine. Sans même parler de l’amateurisme honteux de certains tours opérateurs, je trouve déjà incroyable qu’on puisse à l’heure actuelle entrer dans cinq agences différentes et se voir proposer cinq fois la même chose avec cinq fois le même discours, souvent avec les mêmes photos à l’appui. Mais ce n’est même pas le pire.

Le pire, c’est quand vous partez pour votre excursion du jour pour voir « la montagne aux sept couleurs ». Je vous vois venir : vous pensez qu’avec un nom pareil, ça sent l’arnaque à plein nez. Eh bien détrompez-vous, c’est très joli, la montagne aux sept couleurs. Oui, oui, vraiment.

La montagne aux sept couleurs

La montagne aux sept couleurs

Le vrai problème, c’est qu’on vous a vendu une journée d’excursion de 12 heures (un argument ridicule pourtant utilisé sans scrupule de plus en plus fréquemment), ce qui permet d’en justifier le prix ; ensuite, les organisateurs n’ont plus d’autre choix que de « meubler » leur tour. Et ça, c’est vraiment agaçant. Vous avez bien démarré votre journée, vu ce que vous vouliez voir… et puis ça devient le grand n’importe quoi. On vous emmène dans un marché d’« artisanat local » où l’on vous propose d’acheter des pulls tricotés en laine de bébé lama, en vous expliquant qu’il s’agit d’une qualité de laine bien meilleure encore que celle des lamas adultes ; et inutile de préciser que celui qui vous les vend porte un jean et un pull bien de chez nous, fabriqué dans un pays où on n’a jamais vu de lama. Ensuite on vous raconte que vous allez pouvoir visiter le village le plus traditionnel de la région, et vous vous retrouvez dans un village qui a du être authentique un jour, mais qui ne vit plus désormais que grâce aux cars de touristes qui y défilent sans cesse ; dans la rue, on peut entendre jouer la bande originale de Titanic à la flûte de pan grâce à un petit vendeur de CD qui diffuse ses meilleurs titres au haut-parleur (il a aussi « Dancing Queen » du groupe ABBA, si vous préférez). Non, je n’exagère pas, et de toute façon ça ne s’invente pas.

Je n’ai même pas envie de tout raconter tellement je suis écoeurée et tellement ces tours nous font perdre espoir de laisser un jour des plus jeunes que nous voir quelque chose de réellement original de ces pays ; et je le dis ici, mais j’aurais pu le dire de l’Inde, du Vietnam ou du Pérou. Je n’y vois même pas de solution, et au fond c’est bien ça qui est le plus frustrant : je ne vois pas comment m’empêcher de penser que c’est inéluctable.

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