Qu’est ce que la Giardiase me direz-vous ? Je l’ai appris à mes dépends il y a 6 mois, durant ma randonnée du GR20 en Corse, vers une des dernières étapes du parcours. Pour résumer, nous n’avions plus d’eau et j’avais très soif après 8 heures de marche au soleil. Je m’étais donc résigné à purifier l’eau d’un torrent de la montagne où nous étions à l’aide d’une pastille de Micropur. Après 30 minutes d’attente, j’avais goulûment bu un litre d’eau d’un coup. Le lendemain soir, je passais une charmante nuit à l’hôpital de Calvi, après une journée de douleurs à l’estomac épouvantables.
La Giardiase est une maladie parasitaire qui se transmet dans l’eau par les cadavres d’animaux morts. Elle est détruite non pas dans les 30 minutes réglementaires de la Micropur mais en 2 heures (en lisant en détails le mode d’emploi de Micropur, on apprend ça, tiens !!!). Ce parasite provoque des nausées, crampes d’estomac etc au bout de qqs heures ou qqs jours. Il peut attaquer à plusieurs reprises avant d’être liquidé par notre système.
Ayant lu dans notre cher Lonely Planet que plusieurs cas de Giardiase avaient été recensés sur le Tour des Annapurnas, nous avions décidé au départ du trek de ne boire que de l’eau minérale en bouteille. Oui mais voilà, 2 problèmes épineux se sont rapidement posés !
Premièrement, un problème économique : alors que la bouteille d’un litre nous coûtait environ 15 roupies népalaises (soit 0,15 euros) pour un litre, elle nous a rapidement coûté 50 puis 100 et finalement 160 roupies au bout de 6 jours de trek. L’eau minérale étant apportée à dos de mulet sur le Tour des Annapurnas, elle devient beaucoup beaucoup plus chère que toute autre denrée !!
Deuxièmement, un problème écologique : chaque année, environ 50 000 trekkers passent dans le massif des Annapurnas. Certains restent 5 jours, d’autres un mois. Si l’on prend une moyenne à 15 jours, et une consommation quotidienne de 3 litres par trekker, on arrive donc à plus de 2 millions de bouteilles plastiques par an qui sont amenées dans les montagnes et non recyclées. Quand on voit l’état actuel lamentable du circuit en termes de déchets, autant de la part des locaux que des touristes, croyez-moi, on n’a pas envie d’en rajouter !!
Une bouteille d’eau jetée dans la nature met environ 1000 ans à se dégrader « naturellement » !
Donc au bout de 6 jours, nous sommes passés à la Micropur de façon systématique. Le goût n’est pas si désagréable et on boit en toute sérénité… Enfin la plupart du temps !! La 8ème nuit, à Yak Kharka, Déborah se réveille à 3 heures du matin, pour boire un peu (l’air en altitude est très sec). Je fais pareil et nous commençons à nous rendormir. Quelques minutes plus tard, je me réveille en sursaut ! Je suis en panique car je ne suis plus très sur d’avoir mis de la Micropur dans la gourde bleue (pour info nous avons une gourde bleue et une gourde rouge, identiques). Encore un épisode savoureux où je me revois en train de compter le nombre de pastilles de Micropur utilisées depuis le départ à la lueur de ma lampe frontale, des sueurs froides me traversant le dos… ;)
Finalement, oui, j’avais déjà mis de la Micropur ! Pas de Giardiase pour moi cette fois-ci !