Ambiance de fin de tour du monde
Je reprends une dernière fois la plume le clavier pour cette fin de tour du monde. Je n’ai pas parlé de Rio où nous sommes restés quelques jours, parce que tout a pris cette semaine une saveur amère parce que nous faisons toutes les dernières choses du voyage : le dernier bain de soleil, le dernier trajet en bus, la dernière excursion, bientôt le dernier avion.
Rio est pourtant une ville extraordinaire où j’aurais pu passer facilement une semaine ou même un mois. Je pourrais difficilement dire que j’adore, parce que les contrastes y sont trop forts et donc trop choquants : sur l’immense plage de Copacabana, on joue au beach volley tandis que les enfants de la rue cherchent dans le sable des restes à grignoter ; dans les nombreux bars de la ville, on oublie avec une caïpirinha ceux qui dorment dehors (je n’en ai jamais vu autant !). La richesse et le confort côtoient la misère sans scrupule, et les favelas se fondent dans un paysage sublime de pains de sucre et de collines.
Et puis il y a eu Salvador de Bahia, aussi : une ville où la culture est extraordinaire parce que les esclaves arrivaient par son port et que les descendants de ces esclaves y sont restés et s’y sont installés. Les couleurs, les tenues, la gastronomie y sont fortement inspirées par la culture africaine et la ville est habitée par des Noirs en majorité, tandis que le pays est beaucoup plus métissé par ailleurs. On a pu assister dans la rue à des rondes de capoeira ou profiter de ses plages superbes ; on a vu Praia do Forte, un petit coin de paradis qui vaut le détour. Salvador est une ville qui ne triche pas et ne s’embarrasse pas avec les apparences : elle n’est pas en très bon état, certes, mais elle est authentique et les gens y sont eux-mêmes.
